• Chapitre 37 - Narrateur : Nana Ôsaki

    Il y avait des problèmes auxquels je refusais de réfléchir sérieusement, y échappant toujours par des réponses trop vagues... Finalement, le temps était venu pour moi d'y faire face.
    Tu sais, Hachi. Plus on se débat, plus on sombre vers le fond. L'être humain est bien futile. Si je devais me réincarner, j'aimerais être un poisson. Ren et moi nagerions tous les deux dans notre petit bocal.

    Chapitre 38 - Narrateur : Nana Ôsaki

    Je me suis dit que si je mourrais maintenant... Ren ne voudrait sans doute plus m'accompagner dans la mort... Mais c'est mieux comme ça... Il faut qu'il en soit ainsi... Ca doit être moi qui suis bizarre de trouver ça triste.
    Il semblerait qu'au lieu d'appeler une ambulance, Yamagishi, le flic, ait appelé notre agence. Gimpei a accouru à l'internat et c'est dans sa voiture que j'ai été emmenée chez le médecin qu'il connaissait depuis longtemps. Lorsque nous sommes arrivés à l'hôpital qui était fermé, j'étais totalement rétablie. Mais par précaution, on m'a demandé de me prêter à un examen médical.
    Lui écrire que j'étais trop occupée était un prétexte. Et je pense que Ren l'a senti. En vérité, j'avais peur d'avoir de nouveau une crise en entendant sa voix. Plus j'étais occupée, mieux je me portais.
    Je me disais que tant que tout irait pour le mieux dans mon travail, mon moral resterait au beau fixe et que je n'aurai pas à retourner à l'hôpital. Il y avait tellement d'intervenants pour le projet de lancement de Blast qu'il était impossible de mémoriser tous les noms. Mais même si habituellement je n'aime pas trop rencontrer des gens, ça ne m'a pas génée. J'ai eu le sentiment que si je revoyais Hachi maintenant, je pourrais rire et parler avec elle normalement. J'ai pensé que je pourrais même l'écouter parler de Takumi et de leur bébé. Mais je n'avais pas une seconde à consacrer à ça.
    Tu sais, Hachi. Je pensais que dans la vie. Il fallait toujours aller contre le courant, aussi fort soit-il. Mais vivre en se laissant porter, ce n'est pas si bête que ça. Si ça permet d'avancer.

    Chapitre 39 - Narrateur : Nana Ôsaki

    Mon rêve... Etait de mener mon groupe à la gloire et de faire en sorte que tous les habitants du Japon connaissent mon nom... Quitte à ce que l'élu de mon coeur ne m'appelle pas.
    Lorsque j'étais enfant. J'étais persuadée que jamais personne ne pourrait m'aimer. C'est pourquoi, lorsque je suis sortie avec Ren, l'hiver de mes seize ans. J'ai eu l'impression d'être en plein rêve et tout ça me semblait irréel.
    C'est un miracle que je sois aimée par celui que j'aime... Je me suis dit que Ren était l'homme de ma vie.
    À l'époque, je regrettais amèrement de vous avoir permis de vous rencontrer, Takumi et toi. Mais si tu mènes encore une vie heureuse aux côtés de cet homme, je me sentirai un peu soulagée. C'est là mon tout dernier recours.

    Chapitre 40 - Narrateur : Nana Ôsaki

    J'ai trouvé qu'elle parlait comme elle chantait. Cette manie de prolonger les dernières syllabes des phrases, propre à l'intonation de Takumi. Etait identique au rythme des phrases de Reira. Tout comme je m'étais mise à parler comme Ren, inconsciemment.
    Jusqu'à présent, je faisais une fixation sur les capacités vocales de Reira et je ne m'étais pas du tout intéressée à ses paroles. Mais comme elle disait impudemment que c'était une sorte de prodige, je les ai écoutées attentivement. Ce n'était qu'une chanson sur l'adultère. Ma rancune envers Takumi et Reira n'a fait que grandir. Mais quand j'ai rattrapé Ren après l'émission. Il m'a clairement contredite.
    Nous n'imaginions même pas en rêve que nous, qui avons des goûts si différents, serions amenées à porter le même bijou. Tu aimes les nouvelles choses et tu trompes facilement ton homme. Mais si tu as gardé un seul objet précieusement, je serais contente que ce soit cette bague de marque.

    Chapitre 41 - Narrateur : Nana Ôsaki

    Avec la somme que Gaia nous a versée à la signature du contrat, le salaire que nous recevons chaque mois, et les royalties que nous allons toucher grâce aux ventes de CD, nous ne sommes plus un pauvre petit groupe amateur. Je me suis dit que nous pourrions facilement subvenir aux besoin de Hachi et de son enfant.
    Dis, Hachi. On dit qu'on ne prend conscience de l'importance d'une personne que quand on la perd. Mais j'ai l'impression qu'en réalité, on ne s'en rend vraiment compte que quand on est amené à lui faire face une nouvelle fois. Si je revois tout le monde, je me laisserai sans doute cajoler de nouveau. J'ai tellement peur de ça que je n'ose pas bouger d'ici.


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  • Chapitre 33 - Narrateur : Nana Ôsaki

    On dit souvent que les gens qui s'entendent bien ont tendance à se disputer. Mais les disputes ne sont finalement qu'une confrontation d'ego et ce n'est pas parce que deux personnes expriment leurs vrais sentiments qu'elles se comprennent forcément. Il est sans doute impossible de vivre sans jamais être blessé. Mais il faut faire de son mieux pour ne pas blesser son entourage. Telles étaient mes pensées passionnées.
    Ce jour-là, je ne travaillais pas. J'ai pu dormir profondément dans les bras de en, ce que je n'avais pas fait depuis pas mal de temps. Et je me suis réveillée d'humeur paisible, comme purifiée.
    À chaque fois que j'y repense. Je me dis que nous avon vraiment été trop imprudents. Mais il pleuvait de plus en plus fort. Et puis je n'avais pas de parapluie. Cela n'a fait qu'amplifier mon envie de voir Hachi coûte que
     coûte. La voiture de Ren était garée sur le côté de l'immeuble. En courant, c'était une toute petite distance.
    On peut appuyer sur la détente qui bouleverse le destin des gens. En un clin d'oeil.
    Je me suis perdue à plusieurs reprises, sous une pluie battante. Et quand je suis arrivée devant l'immeuble de Hachi, j'étais aussi tremptée que si j'avais marché sans parapluie.
    Ce jour-là, j'ai attendu le retour de Hachi devant son immeuble jusqu'à la tombée de la nuit. Mais finalement, je ne l'ai pas vue...
    À partir de ce fameux jour. Où les épais nuages sont partis, faisant place aux feux des projecteurs. Ce n'était pas sur un scène. Mais sur un ring que nous nous tenions. Les acclamations tout comme les insultes, résonnent encore à mes oreilles, c'est très désagréable.

    Chapitre 34 - Narrateur : Nana Ôsaki

    À l'époque, il n'y avait dans ma chambre, ni télévision, ni radio. À cause de ça, je suis arrivée en retard à la fête. C'était on ne peut plus désagrable.
    Tu sais, Hachi... Si depuis ce jour... J'ai toujours réussi à me relever malgré les coups durs successifs, c'est parce que je savais que tu me regardais.

    Chapitre 35 - Narrateur : Nana Ôsaki

    Ce n'était ni une nouvelle particulièrement grave, ni une situation critique du genre à faire froncer les sourcils. Juste un scandale monté de toutes pièces à partir de quelques images d'un concert et d'une chanteuse au maquillage outrancier, diffusé un paisible matin. Ca avait bien assez d'impact. Je pensais que nous avions une chance de réussir.
    Quand nous avons allumé la télévision dans l'après-midi, nous avons vu Ren entouré de journalistes. En le voyant presser le pas sans rien dire dans le hall de l'aéroport international. J'ai eu un peu plus encore le sentiment qu'il m'abandonnait. Je ne sais pas où il s'apprête à partir. Ni quel est son but... Notre conversation sur notre envie de retourner ensemble, un jour, dans le quartier des entrepôts. A commencé à me sembler plus improbable. Que le fait que je puisse devenir chanteuse.
    Notre rêve va enfin se réaliser. Mais l'idéal que nous poursuivons et la réalité qui nous tombe dessus se regardent en chiens de faïence et tout se passe de travers. Apparemment, les êtres humains ont été créés de telle sorte que pour obtenir quelque chose, ils doivent renoncer à une autre. Je m'en doutais vaguement. Le cycle des phases de la lune est une fatalité.
    Tu sais, Hachi.
    Je ne pourrai plus être, le héros de ton histoire. Mais le prénom de l'héroïne de la mienne est encore "Nana". Et c'est une fille adorable : toi.

    Chapitre 36 - Narrateur : Nana Ôsaki

    Dans mon quotidien devenu si mouvementé que j'avais à peine le temps de dormir. Je ne m'étais absolument pas rendu compte. Des failles de mon plan.
    Tout ce que je voulais. C'était que tu me voies chanter au plus vite. Je n'ai même pas pensé à t'appeler pour prendre de tes nouvelles. D'autant plus que je ne voulais pas entendre parler ni de l'enfant, ni de Takumi. Mais ce n'était que de la jalousie.
    Dis, Hachi. Le ciel est imprégné de poussières d'étoiles. Cette nuit encore, il est terriblement éblouissant. Même maintenant, quand je vois des choses qui brillent, ça me fait penser à Ren.


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  • Chapitre 29 - Narrateur : Nana Ôsaki

    L'été de mes seize ans, j'ai changé de marque de marque de cigarettes pour me mettre aux Seven Stars. Parce que c'était ce que fumait Ren. Je me suis fait de nouveaux piercings afin d'en avoir autant que lui... Je marchais avec les mêmes bottes que lui, je dormait dans le même lit que lui et je rêvais des mêmes choses. Malgré cela, Ren m'a abandonnée. Il se peut que quelque part, au fond de moi-même. Je n'aie jamais réussi à lui pardonner. Tout comme je n'ai jamais réussi à pardonner à ma mère.
    Tu sais, Hachi... Pour t'accepter à 100 %, mon récipient était bien trop petit et de mauvaise qualité. Mais comparé à la tristesse de tout perdre d'un coup, la douleur de se briser peu à peu, de jour en jour, était plus supportable. J'étais trop fragile, c'est tout. Ce n'est pas de ta faute.

    Chapitre 30 - Narrateur : Nana Ôsaki

    Les verres à fraises... Etaient encore en vente dans le 100 yens shop... Mais quand je me suis remémorée Hachi qui, sans acheter de verres de rechange, prenait le plus grand soin de ceux que nous avions achetés... Ma blessure à la joue gauche, dont je n'avais plus aucun souvenir, s'est mise à lancer.
    Nobu, de carrure bien plus fine que Ren, ne tremblait pas. Moi qui était sensée lui prêter mon épaule, je me suis retrouvée à pleurer sur la sienne. Je te dois énormément, Nobu.
    Tu sais, Hachi. Si j'avais ce sentiment de rivalité vis-à-vis de Trapnest, c'est parce que j'étais jalouse de Reira, qui avait su convaincre Ren en tant que chanteuse et non en tant que femme. Je voulais juste rendre la pareille à Ren. Je ne voulais pas en faire mon ennemie. Mais depuis le jour où Trapnest t'a éloigné de moi, je me suis dit que je ne pouvais pas les laisser faire. Je voulais à tout prix. Te récupérer.

    Chapitre 31 - Narrateur : Nana Ôsaki

    Je n'aurais jamais dû prendre un téléphone portable. C'était moi qui n'en faisait qu'à ma tête, ne rentrant pas à l'appartement, mais Hachiko, qui ne me donnait aucune nouvelle, pas même un mail, m'a semblé de plus en plus égoïste, et ça m'a énnervée. Moi qui n'avais pas envie qu'un simple appareil de communication mette notre amitié à l'épreuve...
    L'enregistrement de Trapnest se prolongeant, les membres du groupe durent loger sur place plus longtemps que prévu. Il était évident que Hachi était malheureuse. D'autant plus qu'il m'était inconcevable que cet homme égocentrique lui donne de ses nouvelles régulièrement. Malgré tout, je ne pouvais pas compatir. C'est la vie que Hachi a choisie. Je souhaitais... Que Hachi soit triste et seule, et que je lui manque.
    Tu sais, Hachi... Toi qui à l'époque ne cessais de te noyais dans tes histoires d'amour, tu étais peut-être comme moi. Tu souffrais de ne pas te sentir entière. Si c'était le cas, je comprends un peu mieux tes sentiments, qui m'étaient alors totalement obscurs. Cette nouvelle petite vie que tu as protégée de toutes tes forces, continue-t-elle à te combler ?

    Chapitre 32 - Narrateur : Nana Ôsaki

    Quand j'ai vu cette chambre vide, j'ai eu l'impression d'être venue me perdre dans un monde où il n'avait plus que moi seule.
    "Ras le bol". Pourquoi les gens continuent constamment à chercher quelqu'un. Même si ils doivent éprouver ce sentiment à chaque fois ?
    (lettre de Nana Komatsu)
    "Je pense que tu ne pourras plus me pardonner, mais... Je n'oublierai jamais ces six mois que nous avons vécu ensemble. L'idée de ne plus te revoir m'attriste énormément, mais je ne sais pas comment faire. Alors s'il te plait, deviens chanteuse professionnelle coûte que coûte et passe à la télévision, pour que je puisse de nouveau te regarder chanter. De qui que je sois amoureuse, tu seras toujours mon héros. Il n'y a personne au monde qui soit plus admirable que toi. Ni en ce moment, ni jamais dans le futur. Le 7 décembre 2001. Nana Komatsu."
    (fin)
    Nana
    Dis, Hachi. Les gens auront beau continuer à se blesser mutuellement, l'mour d'une personne vaut la peine d'être vécu, hein. La lettre d'amour que tu m'avais laissée à l'époque, je la garde encore précieusement.

    Bonus : Le passé de Naoki - Narrateur : Naoki

    Ma ville natale, est située au nord de l'archipel du Japon... Je n'en dirai pas plus... On est en bord de mer, mais on ne peut s'y baigner que l'été, qui est trop court ici. Quand les routes sont verglacées, on ne peut même pas faire de la moto à fond. Enfin... De toute façon, en hiver, pas moyen de sortir du kotatsu. Si ça continue comme ça, ma jeunesse va être d'un banal ! Il faut que je fasse quelque chose. Moi, je déteste TOUT CE QUI EST BANAL ! Si je suis entré dans un groupe en quatrième, c'est pour cette seule raison. En tout cas, au début. <3
    À cette époque, Yasu était à la tête du collège. Professeur comme élèves lui vouaient une confiance absolu. Mais moi, je ne lui avais jamais parlé. Et son espèce de perfection et de maturité me faisaient tout aussi peur que la violence de Takumi. En fait, il y avait une raison à son comportement. Mais je l'ai appris de la bouche de Yasu lui-même que récemment.
    Yasu a perdu ses parents dans un accident de voiture peu après sa naissance. Il a grandi dans le même orphelinat que Ren. Mais au printemps de sa troisième année de primaire. Il a été adopté par les Takagi, un couple aisé, qui n'avait pas pu avoir d'enfant. Dans l'orphelinat, il y avait de nombreux autres enfants, beaucoup plus jeunes. Alors Yasu dit qu'il ne comprend pas pourquoi les Takagi l'ont choisi. À mon avis, c'est tout simplement parce que Yasu était intelligent et qu'il avait une conduite exemplaire. Je pense aussi que yasu faisait tout pour ne pas décevoir ses parents adoptifs.
    Si Yasu a monté un groupe en 4e, c'est soit parce qu'il voulait jeter son masque de bon élève, soit tout simplement parce qu'il voulait s'essayer à la batterie. Ou alors, pour diverses raisons obscures qui s'entremêlaiaient à l'époque.
    À l'époque, Reira était déjà la plus jolie fille du collège. Je pense qu'il n'y avait pas un mec qui ne craquait pas pour elle. Bien entendu, moi y compris. Mais j'étais persuadée qu'elle sortait avec Takumi, alors il n'était pas question de tenter quoi que ce soit.
    Nous étions sensés être trente demandeurs d'inscription pour le club. Mais finalement, dix personnes se sont réellement inscrites et deux groupes se sont formés. La majorité des gens s'était sans doute inscrite sur la liste parce qu'ils avaient peur de refuser à Takumi. Alors qu'en fait, ils ne voulaient pas s'en mêler. Toutefois, dès que Takumi a échangé sa batte contre une basse. Il n'a plus brisé une seule fenêtre du collège jusqu'à son départ pour le lycée. Je ne vous parlerai pas de ses autres méfaits. Yasu a monté un groupe punk discrètement, sans que cela se sache, et a réussi les examens d'entrée d'un lycée de très haut niveau. Ca fait bien chef de gang adverse. Quant à moi, j'ai encore plus négligé mes devoirs que je détestais tant, pour rester avec mon groupe. Le lycée où je me suis retrouvé. Etait un lycée pour garçons, de mauvaise réputation.
    Il me semblait que Takumi se consacrait autant que moi à son groupe, mais lui a intégré un lycée public de plutôt bon niveau. Chaque fois qu'on se voyait, il était avec une fille différente. À cette époque, je jouais toujours dans le groupe de glamrock formé avec mes potes du collège. Mais comme pas un d'entre nous ne savait composer, on ne faisait que des reprises. Notre motivation s'estompait aussi. Et étrangement, ça me paniquait un peu. Les membres de mon groupe ont chacun commencé à avoir d'autres centes d'intêret, et ils trouvaient toujours des excuses pour éviter les répétitions devenant de plus en plus rares.
    C'était le leitmotiv de Takumi, à l'époque. Déjà à cette époque, Takumi nourrissait. Un projet tellement énorme et ambitieux qu'il ne serait jamais entré en entier dans ma petite tête. Reira, que je n'avais pas revue pendant neuf mois, était devenue beaucoup plus adulte, mais taciturne. Il émanait d'elle une aura telle qu'il était difficile de lui adresser la parole sans précaution. Et sur scne, elle était encore plus rayonnante.
    Au printemps suivant. Quand Takumi m'a proposé de remplacer son batteur, qui avait quitté le groupe. Vous imaginez bien que j'ai accepté d'intégrer Trapnest sans hésiter. À cette époque, j'avais même une copine et j'avais vraiment l'impression que c'était le printemps de ma vie. Elle s'appelait Haruko. On avait le même âge. <3 Notre relation était pure. <3
    Reira était admise dans le même lycée que Takumi. Et retrouvait son entrain d'autrefois.
    On dit aussi qu'entre l'idiot et le génie, il n'y a que l'épaisseur d'une feuille de papier. <3 À partir de là, je me suis donné encore plus à fond. Ne serait-ce que par crainte de me faire jeter par Takumi si je ne progressais pas. Je me suis entraîné tous les jours. Et j'ai moi-même ressenti que je faisais des progrès. Plus je progressais, plus je prenais du plaisir à jouer. Le groupe continuait sa route. Nous faisions pas mal de concerts. Nous avions un public fidèle. Mais l'hiver de cette année où je me suis dit que nous allions enfin décolller... Le petit violent s'est laché.
    Depuis le début de l'hiver. Yasu et Reira sortaient ensemble. Il nous a tout de suite trouvé un nouveau guitariste. Il avait deux ans de plus que nous, mais était ouvert et avait un bon niveau. Mais finalement, juste avant nos débuts professionnels, il a claqué la porte en disant la même chose qu'Atsushi.
    Dès janvier, notre groupe a commencé à donner des concerts seul, régulièrement. Les gens venaient de plus en plus nombreux. Mais l'été de cette année où nous avions le vent en poupe...
    Jusqu'à présent, pas une seule fois. Je n'ai vu Takumi verser une larme. Même lors de la veille de sa mère. Takumi ne pleurait pas. Se tenant bien droit, il avait même une expression digne. Et s'inclinait devant chaque personne venant présenter ses condoléances. Reira était assise dans la moindre gène, entre Takumi et sa soeur aînée, dont l'accouchement était proche. Elle s'agrippait à Takumi comme pour se faire consoler. Mais j'ai plutôt eu l'impression qu'elle le soutenait. J'ai eu le sentiment que devant Reira. Takumi pourrait bien verser quelques larmes. Et ça m'a rassuré.
    Si Takumi a monté un groupe quand il était en 4e. Je ne sais pas si c'est par besoin de se défouler ou juste pour avoir du succès auprès des filles. Je me demande parfois si ce n'était pas un stratagème pour garder Reiral avec laquelle il n'avait aucun lien de parenté, près de lui. Quoi qu'il en soit. Nous sommes tous reliés par notre passion pour la musique.
    C'est l'été de l'année suivante que Takumi a décidé que nous devions partir pour Tokyo. Quoique sa décision devait être prise depuis longtemps. Moi, j'ai eu le lycée de justesse. Ne poursuivant pas mes études et n'ayant pas cherché de travail, je suis devenu freeter. J'attendais que la "conquête de Tokyo" promise par Takumi se concrétise.
    Depuis l'hiver de l'année précédente. Yasu ne venait plus chercher Reira au studio. Je reste sans pouvoir leur demander. La vraie raison pour laquelle ils ont rompu.
    Le printemps suivant, Reira a terminé le lycée. Après deux ans à courir, nos débuts professionnels ont été fixés. Ren devint le plus doués des membres que nous avions intégrés jusqye-là. Notre premier single fut propulsé d'un coup à la tête des charts. Et nous avons atteint le million de ventes plus vite que jamais. Trois ans plus tard, nous continuons toujours à courir. Mais nous courons tellement vite que nous ne voyons pas le paysage. Il m'arrive alors de ne plus avoir de repères et de m'en inquièter. Mais pas question de m'arrêter. Parce que j'en envie de montrer. Le projet achevé de Takumi à tous. J'imagine que vous vous demandez ce qu'est devenue ma relation avec Haruko. En fait, il n'existe pas de fille du nom de Haruko. J'en suis désolé. Quand je me suis lancé dans la musique, bizarrement, j'ai vraiment commencé à avoir du succès auprès des filles. Une fois membre de Trapnest, je me suis laissé enivrer par ce succès démentiel. Mais tout groupe amateur coûtant de l'argent, Takumi m'a donneé l'ordre d'en réclamer aux filles. J'ai fait beaucoup de vilaines choses que je ne peux pas vous montrer ici. J'ai donc rusé avec les images d'une relation pure avec cette Haruko virtuelle. Encore désolé.
    À présent, voici ma question. Entre cette seconde histoire et celle de Haruko. L'une des deux est vraie. À votre avis... Laquelle ? Désolé mais je ne peux pas vous le dire. Parce que les paparakyo se jetteraient dessus.
    Dix ans se sont écoulés depuis que nous avons commencé notre groupe. Maintenant, nous avons de l'argent et nous pouvons obtenir tout ce que nous voulons. C'est un luxe, mais dans le fond, c'est futile. C'est pourquoi je pense que si on vit au moins un amour sincère dans sa vie, c'est suffisant. Mais comme l'être humain est menteur par nature, il lui est difficiel de voir la réalité en face. Si l'on choisit une personne qui ne nous aime pas réellement sans l'avoir démasquée, mais que l'on prend soin d'elle et que l'ont croit en elle, est-ce que l'amour finit par naître ? Qu'en pensez-vous ?


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  • Introduction - Narrateur : Nana Komatsu

    Même maintenant, je continue à appeler ton nom. Malgré ma douleur. Je continuerais jusqu'à ce que tu me répondes.

    Chapitre 25 - Narrateur : Nana Ôsaki

    Excuse-moi de ne pas avoir tenu ma promesse. Tu ne t'en souviens peut-être pas... Mais j'avais vraiment l'intention de faire construire une belle maison, avec un grand jardin. En hauteur, avec vue sur la mer... J'y imaginais une cuisine équipée dernier cri, un studio en sous-sol, et dans les placards de ma chambre, les derniers vêtements à la mode, ne venant jamais à manquer. Pour que, toi que hommes font tant pleurer, tu puisses retrouver le sourire, à chaque fois que tu y viendrais.
    C'était le 5 Mars 2000, un jour que je n'oublierai jamais. Le jour de mes vingt ans. Le jour où je t'ai rencontrée.
    Je l'ai rencontrée dans le train, qui me menait à Tokyo. Le hasard m'a ensuite amenée à vivre en colocation avec cette Nana Komatsu (Hachi, Hachiko ou Hachikô pour les intimes). Capricieuse, pleurnicharde, enfant gâtée. Elle avait de plus une vie amoureuse très mouvementée et c'était un vrai coeur d'artichaud. Après à peine six mois à Tokyo, elle en était à son troisième mec. Et pourtant, elle restait pure. C'était une fille étrange.
    Pour notre groupe, Hachi était un peu comme un animal mascotte. Enfin... C'était plutôt notre muse. Son seul rire rendait tout lieu beaucoup plus rayonnant. Que ce soit en studio ou en concert, cela encourageait tout le groupe. C'était bien plus important pour nous que l'intégration de n'importe quel nouveau membre dans le groupe. Aussi doué soit-il.
    À cette époque, je passais la moitié de ma semaine chez Ren. Mais nous ne faisions souvent que nous croiser et finalement, nous ne nous voyions que rarement. Etant incapables de contrôler nos pulsions lorsque nous nous retrouvions ensemble. Nous n'avions presque jamais le temps de nous raconter nos vies. Mais ke me disais que c'était mieux comme ça. Parce que ça nous éviter d'aborder des sujets désagréables et superflus.
    À l'époque, j'avais un rêve auquel je ne pouvais pas rennoncer. Cela m'a permis d'obtenir beaucoup de choses. Cela m'en a aussi fait perdre d'autres, pourtant irremplaçables. Mais je me suis jetée à corps perdu dans la vie. Alors à présent, je ne regrette plus rien. Il ne reste plus qu'une chose dans mon coeur. Dis, Hachi... En ce moment... Es-tu en train de rire ?

    Chapitre 26 - Narrateur : Nana Ôsaki

    Je savais pertinemment que Ren voulait que nous ayons un enfant. je savais aussi qu'avoir un enfant ne m'empêcherait pas de chanter. Mais je pense. Que je n'avais pas assez de confiance en moi pour devenir mère.
    Tu sais, Hachi. Notre vie dépend de nous seuls.. J'en reste persuadée. Mais j'ai aussi apris à accepter que les gens ne deviennent pas tous aussi fort. Et ça m'a rendue plus gentille qu'avant.

    Chapitre 27 - Narrateur : Nana Ôsaki

    Trapnest signifie "le repaire piégé". Une fois qu'on y est entré, on ne peut plus en sortir par ses propres moyens. Je me suis dit que ce nom ne pouvait être issu que de l'imagination d'un homme qui aimait avoir le pouvoir sur les autres.
    Dis, Hachi. Je voulais que tu restes à mes pieds. Quitte à te mettre un collier autour du cou. Mais je me faisais peur à moi-même, lorsque je pensais ainsi. Et c'est pour ça que, volontairement, je laissais une certaine distance entre nous. J'ai encore du mal à me faire des amis. J'ai encore un peu. Peur.

    Chapitre 28 - Narrateur : Nana Ôsaki

    Je n'avais plus aucune raison de trouver des prétextes bidons. Tels que "le lit est trop étroit" ou "j'ai oublié mon porte-monnaie". Quand je me sentais irrémédiablement seule. Ce n'est pas Ren que je voulais avoir auprès de moi.
    J'avais mal. Le simple fait de respirer m'était difficile. Quand j'ai retrouvé mes esprits, j'étais là. J'ai vidé mon sac, dit tout ce que j'avais sur le coeur. Mais je ne sais pas si j'ai réussi à tout bien expliquer. D'autant plus que je ne comprenais pas moi-même. Pourquoi je voulais tant te garder pour moi. Ni pourquoi je détestais Takumi à ce point. Yasu m'a écoutée parler sans rien dire. Par moment, il a peut-être essayé de me calmer, mais... Franchement, je ne me souviens plus trop. Toutefois, j'ai constaté que je me sentais appaisée... Par le parfum sucré des "Blackstone" qui m'enveloppait.
    Quels que soient la vie et l'homme que tu choisisses... L'essentiel, c'est que tu sois heureuse... Je n'arrive pas à devenir pure au point d'être capable de souhaiter ce genre de chose du fond de mon coeur. Je voulais que l'image que tu aies de moi soit celle de quelqu'un de fort. Comme un héros de manga trop beau pour être vrai.


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  • Chapitre 21 - Narrateur : Nana Komatsu

    Je me suis dit que si Blast ne passait pas pro après ce concert, c'était que quelque chose ne tournait pas rond dans le monde.
    Les Blast ont donné leur troisième concert à Tokyo, dans la même salle que les fois précédentes. Ce soir-là, ils ont joué les premiers, devant deux autres groupes, durant quarante minutes. Misato, sortie de la file d'attente qui s'était formée devant la salle. Pour aller s'acheter un jus de fruit, est revenue tout excitée. Ce n'était que leur troisième concert... Mais les portes avaient été ouvertes plus tôt que prévu, à cause du monde qui attendait devant. Et la salle s'était retrouvée pleine à craquer en un clin d'oeil.
    Je me souviens avoir eu le tournis. Face à la passion des spectateurs, augmentant toujours plus à chaque concert.
    Ce jour-là. À dix-neuf heures pile, au début du concert. C'est Nana qui est apparue la première sur scène. J'étais sur le point. De disparaître, noyée dans ces cris. De plus en plus forts à chaque fois.
    Dis, Nana. Si, par exemple, nous avions été un couple amoureux. Une étreinte aurait-elle suffit à faire disparaître ma tristesse ? Ou alors, est-ce que toute personne porte en elle cette solitude, telle un fardeau ? Je n'avais pas l'attention de t'accaparer. Je voulais juste que tu aies besoin de moi.

    Chapitre 22 - Narrateur : Nana Komatsu

    J'avais beau m'entendre très bien avec tous les membres du groupe et passer aux répétitions tous les soirs, je ne faisais pas partie de Blast. Et non seulement j'étais attristée par la perspective de ressentir cela de plus en plus, mais j'en était surtout terrifiée. Pourquoi suis-je donc si faible ?
    Dis, Nana. Ces sentiments que j'ai déclarés cette nuit-là. Sont toujours gravés dans mon coeur, ils n'ont pas fané. Surtout n'oublie pas. L'éclat de nos rêves.

    Chapitre 23 - Narrateur : Nana Komatsu

    Nous nous sommes embrassés. Puis, main dans la main. En silence. Nous avons marché jusqu'au combini.
    Dis, Nana. Et toi ? Quels sont les mots d'amour que Ren t'a offerts ? J'aurais au moins dû te demander ça, à ce moment-là. Cette baignoire aux pieds en forme de pattes de chat, elle n'est plus ici, tu sais.

    Chapitre 24 - Narrateur : Nana Komatsu

    Sur le mur déteint au soleil. La trace du poster ne disparaissait pas.
    Dis, Nana... Il ne suffit pas de tirer un trait sur nos erreurs et nos blessures pour qu'elles disparaissent. Même maintenant, je continue à appeler ton nom, malgré ma douleur. Je continuerais jusqu'à ce que tu me répondes.


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